Denise Boulet-Dunn “California me voilà”
1: – “Croisière “Panama Canal”.
2: -”Las Vegas”
3: “Nouvelle Orleans”
4: SEDONA et Le Grand Canyon du Colorado.
5: SAN FRANCISCO, CA. ( en construction)
La première partie de “California me voilà” est publiée “online” par “Le Gaulois nomade”:: www.gaulois-nomade.com/index.html
Ici quelques extraits de la troisième partie, consacrée à nos voyages aux USA… 36 Etats visités en dix ans…
Bien souvent les Américains de souche , grands voyageurs, s’élancent vers des pays lointains, avant même d’avoir découvert les beautés de leur propre sol… Il est donc prévu de publier en Anglais, dans un prochain futur, l’évocation de nos voyages, à leur intention…
-”Exciter votre curiosité”…
Ne recherchez pas ici étude savante ou copie des prospectus touristiques!!! Il vous est simplement proposé quelques réflexions personnelles, en peu de mots, pour vous livrer mes sentiments et impressions apès chaque découverte.Si cette lecture vous donnait le désir d’en savoir davantage et de vous précipiter sur Google et autres encyclopédies, ce blog aurait atteint son but: exciter votre curiosité…
“California me voilà” Partie 3 . Extraits.
“ Frenchie Denise découvre l’Amérique et vous guide
vers des visions surprenantes”…
1)
Croisière “Canal de Panama”. (12 a 28 avril)
A San Diego depuis 20 jours, comment refuser l‘invitation de Bill pour cette croisière?Je perdais mon billet de retour pour la France, valable seulement deux semaines et non remboursable. Qu’importe! Et ma conférence, promise , attendue, annonçée, à Nice? Tant pis pour elle, tant pis pour tout! Je téléphonais à mon amie Claudia . Elle accepta de me remplacer…
J’oubliai tout, ou presque, pour me consacrer totalement à ma nouvelle existence et me délecter du merveilleux cadeau qui m’était offert : mon deuxième fabuleux regard sur la facon de vivre à l’Américaine… L’année précédente , en famille, j’avais apprécié de partager ma cabine avec deux de mes petites filles lors d’une rapide visite, en Haute Egypte, au long du Nil… Rien de comparable au confort et au luxe de cette traversée sur le “Vision of the Seas”. Un peu de chauvinisme français pour rappeler que ce magnifique bateau , capable de transporter deux mille passagers, avait été construit à Saint Nazaire, sur la côte atlantique française…
Quinze jours en mer. Un rêve…
J’avais l’expérience de petits yachts à voile, de douze mètres environ de long, sur la Méditerranée…Il faut être jeune, sportif, et aimer ça! Bourlinguer, tanguer, rouler sur les vagues traitresses réclame un estomac d’attaque. Et, la nuit, entendre les bruits sourds de la chaine d’amarre qui risque de se libérer de son rocher de sécurité n’est pas de tout repos… Voici l’image de notre petit côtre, autrefois…Nous l’avons beaucoup aimé… Image aussi de mon père, aux Habibas, se glorifiant de pêches quasi miraculeuses Combien de vacances estivales, jamais oubliées, toujours chéries, ont à son bord réuni nos enfants?
Ici, “Bacbuc” en Méditerranée, aux “Habibas”…
Savez vous toutes les possibilités offertes à bord des croisières modernes? Surtout ne pas les choisir lors de périodes de régime amaigrissant! Une excellente nourriture , à chaque instant, se fait tentatrice, depuis le petit déjeuner jusque tard dans la nuit, après les spectacles.… Chaque soir, danseurs and danseuses, chanteurs et chanteuses, acteurs et actrices, souvent de Broadway, enchantent un public en tenue de soirée. Auparavant, chacun peut choisir le salon de danse ou le sauna, le steam room, la bibliothèque, la salle de gymnastique, les piscines, le salon de beauté , coiffure, massages….… Ou, tout simplement, le repos, le “relax” sur une chaise longue, sur l’un des ponts , devant la mer…
J’ai cité le poète: -La mer, la mer, toujours recommencée”… Mon ”Wasp” ne pouvait apprécier la subtilité de Paul Valéry. C’était sans grande importance. De mon côté les subtilités du base ball m’échappaient…(note).
J’égrenais en ma mémoire, pour moi seule:
-“O récompense après une pensée Qu’un long regard sur le calme des dieux”…
En revanche, ou, comme le préférait André Gide, “en récompense”, je reçus cette nuit là un choc de bonheur et de sécurité incroyable. Nous avions essayé de danser…Nous n’étions pas exercés. Laissez moi tenter de vous expliquer mon extraordinaire sensation lorsque je l’ai rejoint pour ces quelques pas de danse. Lorsque je me suis trouvée dans ses bras. Consciente de ma très inconfortable régression, de mon état de mutation, j’ai soudainement ressenti un choc, profond, imprévu, intense: la certitude d’avoir trouvé mon hâvre de paix, mon abri, mon port d’attache, sur cette épaule. Une telle sensation , si rare, si forte, devait être rapportée.
Inoubliable moment d’une vie cependant riche d’évènements, activités, aventures, joies et peines… Ce fut un moment d’éternité…
Note:
WASP signifie: White Anglo Saxon Protestant. Les jour suivants, aussi stressée qu’auparavant, je me contentais de suivre mon Mentor et Pygmalion. J’oubliais toutes les actions de mon existence précédente, pour vivre le présent… Finalement, je compris un jour, qu’il m’était enfin donné de vivre l’adolescence dont j’avais été autrefois privée…J’avais quinze ans.
Oui, la vérité se trouvait bien là: j’avais quinze ans!
Tout au long du parcours de la croisière, je pus voir, mais toujours dans un nuage, les oiseaux et les singes de Costa Rica, j’admirais les fameux plongeurs d’ Acapulco, j’étudiais le mécanisme des écluses du Canal de Panama. J’appris que des milliers d’ouvriers, souvent Francais, moururent là, à la recherche d’or. En France, depuis Henri IV , dans les années 1600, ” les Canaux” sont bien connus. J’en avais l’expérience. Ils servaient de moyens de communication dans le passé. Sur les berges, des hommes au début, semblables aux bateliers de la Volga tiraient sur des cordes qui les reliaient aux embarcations. Ils furent par la suite, remplacés par des chevaux.
Un poème de Baudelaire les célèbre:
-Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde.
C’est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.
Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D ‘hyacinthe et d’or;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière”…
Nous avions dù nous envoler de San Diego vers Miami d’où partait la croisière…Le temps d’un dîner au célèbre ”Joe’s stone crabs”…
Nous voici, fatigués, mais enthousiastes, arrivant à bord… Mon chapeau me semble aujourd’hui un peu ridicule, mais, à cette époque, ( avril 2001), je l’aimais bien!
2:
“LAS VEGAS”. Las Vegas, Nevada.
(Environ 500 kms au départ de San Diego).
-“ Voulez vous voir Las Vegas, Denise ? Si cette visite vous amuse, je vous y conduirai pour le prochain week end”!
Certains de mes compatriotes avaient laissé tomber, de leurs lèvres ironiques: -“Denise! Vous ne pourrez aimer Las Vegas voyons! Ce n’est que mégalomanie”!
Ce dédain ne pouvait qu’exciter ma curiosité!
-“ Bien sùr Bill, j’adorerais découvrir Las Vegas avec vous”!
Nous avons préféré la voiture à l’avion, pour cinq heures de route. Environ 500 kms au départ de San Diego. Bill prétend que conduire ne le fatigue pas. Plaisant déplacement, découverte pour moi du Nevada, (36 ème Etat des USA, depuis le 31 Octobre 1864).
Tout était nouveau pour moi, routes, voitures, paysages, et j’appréciais tout, choses et gens. Nous nous sommes arrêtés pour quelque café ou boisson froide avec muffin ou petit gâteau.
“Aller aux toilettes”…
Pour aller aux toilettes…Partout en Californie, il est facile de trouver des lieux confortables pour se laver les mains. Tellement différent de l’Europe et la France à cet égard! Fort heureusement pour ces nécessités, quelques “ Mac Donald” offrent aujourd’hui dans plusieurs villes européennes ce confort très apprécié par les seniors, même s’ils ne recherchent pas la “ fast food”!
Tout à coup, à l’horizon, Las Vegas apparut…
J’eus la chance de pouvoir lui rendre visite neuf fois en dix ans.
Pendant que Bill travaillait avec l’acharnement qui le caractérise, dans des séminaires boursiers, levé aux aurores pour être bien placé, chaudement vêtu parce qu’en plein été la climatisation apporte une fraicheur hivernale, de mon côté, je prenais mon temps!
Rien ne me fatigue plus que d’avoir à me hâter !
Après un petit déjeuner servi en chambre, et un long passage dans la salle de bains, selon la bonne tradition française de “La toilette”, depuis Louis XIV, fin prête, j’allais à la découverte.
L’ hôtel-resort où nous étions logés représentait à lui seul un univers en soi…chambres et suites, salons de coiffure, de massages, piscines et jacuzzi, restaurants de diverses sortes, salles de réception. Partout salles de jeux, pocker, baccarat , et partout boîtes à sous,où des passionnés, rêve de jack- pot en tête, peu à peu vidaient leur petit seau plein de jetons …
Le soir, nous allions diner dans les meilleurs restaurants.
Depuis la deuxième guerre mondiale les restaurants des USA n’ont plus rien à envier aux restaurants francais.De grands chefs de cuisine, réfugiés aux States y ont enseigné leur art et formé maints disciples.
“Mégalomanie”?
Après quelques jours vécus à Las Vegas, que penser de la critique de mes compatriotes? -“Vous ne pourrez aimer Las Vegas! Ce n’est que mégalomanie”! Eh bien non! Pour moi Las Vegas est absolument fantastique, admirable, et j’adore ! Pourquoi?
La plupart des visiteurs se plaisent à jouer aux boîtes à sous, aux différents jeux de cartes…et aussi à boire … Je ne joue pas, ne bois pas d’alcool, ne fume même pas! J’aime Las Vegas pour d’autres raisons. Je l’aime pour toute cette imagination déployée partout et pour tout ici! .“Je l’aime parce que c’est un acte de courage et la réalisation d’un rêve!” Je l’aime pour les risques pris par les constructeurs, les architectes, les investisseurs, les commercants, les hôteliers… Je l’aime parce que c’est un acte de courage et la réalisation d’un rêve ! Je l’aime parce que Las Vegas est unique au monde.
“Rêve d’un homme”
Las Vegas surgit du rêve d’un homme, Benjamin Siegel.. Plus connu sous son surnom de “Bugsy”, qu’il haissait. C’était un dur de dur, un gangster sans pitié, mais sensible à ses heures, et amoureux.. Si sa vie vous intéresse, je vous recommande le film biographique ” Bugsy”. Dans les années 1945, Benjamin Siegel conduisait dans le désert, en compagnie de sa belle amie, Virginia Hill, surnommée “Flamingo”. Il dut stopper un instant, s’éloigna de quelques mètres. Là, sur cette terre desséchée, il eut une vision. Il imagina, dans ce no man’s land, une ville…Avec des machines à sous, des jeux de cartes, poker, et autres, et de luxueux hôtels à piscines, élégants magasins de toute sorte… Habité par ce rêve, il put le réaliser. Il bâtit le premier grand hôtel-resort de Las Vegas, nommé “Flamingo” en l’honneur de sa maîtresse bien aimée.
“Des milliards de dollars” .
Malheureusement pour lui et pour elle, certains de ses associés, décidèrent de l’abattre parce qu’il dépensait trop d’argent pour son hôtel….Précisement six millions de dollars . Quelques années après sa mort, l’hôtel en rapportait des milliards…
Le premier “Flamingo”, a été démoli et reconstruit. Nous avons passé quelques nuits dans le plus récent de ce nom. Dans un de ses magasins, riche de tentations j’ai trouvé une paire d’exquises sandales dorées , faites en Espagne, mais seulement pour Las Vegas.
“Le rêve almoravide, Marrakech””
La vision de “Bugsy” m’a rappelé celle d’un autre homme, loin d’ici, dans le temps et l’espace.Je veux parler de Youssef Ben Tachfin, fondateur, au XI ème siecle de la dynastie des Almoravides, au Maroc, ces hommes voilés qui firent la conquête de l’Espagne. Parti de son désert du sud marocain, allant vers le nord, dressé sur son cheval blanc de guerre sainte, Ben Tachfin apercut une vaste vallée brune encerclée de montagnes, et son rêve jaillit de son cerveau:
-“Ici, je bâtirai une ville-palmeraie, et je trouverai l’eau nécessaire au profond de la terre”.
C’est ainsi que naquit Marrakech, du rêve de Youssef Ben Tachfin…
“Barrage de Hoover”
A Las Vegas, l’eau vient du Barrage de Hoover, à quelques kms , élaboré grâce au fleuve Colorado, le long d’un défilé de montagnes rouges.. Il porte le nom d’un Président des USA. Bâti de 1931 à 1935, il offre au désert environnant l’électricité et la vie. Le drapeau américain flotte fièrement, Il honore tous ceux qui travaillèrent là, depuis les visionnaires et les ingénieurs de haut vol, jusqu’aux plus modestes ouvriers.
Ci dessous, un aspect du barrage “Hoover”
Figure 3 Barrage de Hoover. photos Denise et Bill Dunn
Las Vegas et Marrakech sont évidemment différentes! J’ai simplement voulu dire que, toutes deux étaient nées de la vision d’un homme et toutes deux n’étaient qu’un désert aride, entouré de montagnes.
Figure 4 Las Vegas, un désert entouré de montagnes Photo Denise et Bill Dunn
“Paris à Las Vegas”
Bill m’annonca: -“Denise! J’ai réservé à l’Hôtel Paris-Las Vegas. Vous verrez la Tour Eiffel, l’Arc de Triomphe, les pavés de Paris et même son ciel artificiel et ses étoiles”!
Quelle splendeur! -La vaste salle de réception me rappela le grand restaurant du Musée d’Orsay, ses imposants lustres de cristaux, et ses meubles de bois doré. -Les pavés de la rue artificielle semblaient ceux des barricades parisiennes… -Le ciel constellé apportait une douce lumière bleue , puisque, gràce aux Romantiques nous savons que la la nuit n’est pas noire… -Quant à la Tour Eiffel… Les fondateurs de l’Hôtel Paris-Las Vegas auraient souhaité en élever une aussi haute que l’originale. Ce ne fut pas possible en raison du proche aéroport et des avions survolant éventuellement l’hôtel……
Ci dessous des images: L’une de la base de la Tour Eiffel
L’autre de l’Arc de Triomphe…
Figure 5 : Base de la “Eiffel Tower” photos Denise et Bill Dunn
A Paris, France, au sortir du métro, Place de l’Etoile, voyant le célèbre Arc de Triomphe, certains ont voulu plaisanter un peu et lancer:
-“Nous voilà à Las Vegas”!
Figure 6 : Arc de Triomphe à Las Vegas. photos Denise et Bill Dunn
Bill, attelé à son séminaire boursier, travaillait dur pendant toute la journée.
“Le Strip”.
Seule, je décidai de marcher le long du “strip” la rue principale de Las Vegas, bordée par les plus importants hôtels. Véritable aventure! Personne ne marche! Seules les voitures règnent ici!
Voici quelques images:
Le Sphinx et la Pyramide, Hôtel Louxor
Figure 7 : Apparition de l’Hôtel Louxor. photos Denise et Bill Dunn
Figure 8 Entrée Hôtel Louxor. Photos Denise et Bill Dunn
L’Hôtel “Le Vénitien” est avec le “Paris”et le “Encore”, mon grand favori. Il possède son “Grand Canal”et ses gondoles. Dans l’un de ses luxueux magasins j’ai admiré des masques vénitiens plus prestigieux que ceux trouvés à “Venise la Sérénissime” elle même, lors de son Carnaval… “Au “Cesar Palace”, vous pouvez vous sentir à Rome; au “Louxor”, vous vous trouvez en Egypte; au “Vénitien” à Venise…Avec le confort américain” !
Citons une fois encore Oscar Wilde : -“Si vous n’êtes pas capable d’ éprouver des impressions japonaises à Hyde Park, vous n’en ressentirez nulle part, pas même à Tokyo”!
Allez donc rendre visite à Las Vegas et faites moi savoir ce que vous en pensez!
NB: “Las Vegas” souffre hélas de l’actuelle récession. J’eus le privilège d’y séjourner le plus souvent avant 2007, date qui correspond au début de ses difficultés. Malgré les épreuves, la cité se défend avec courage et les hôtels les plus fastueux accordent d ‘incroyables prix “ à la baisse”…
Denise Boulet-DUNN
“Nouvelle Orléans”, “New Orleans”, en Louisiane..
J’ai pu entendre battre le coeur de New Orleans quelques années avant les dévastations du cyclone “Katrina”.
“New Orleans”, autrefois, pour moi, était un rêve. C’était jazz, Mississipi, danse, fête, “Mardi Gras”, Carnaval…et la bien triste histoire des Français du Canada, abandonnés, et réfugiés là, après le “Traité de Paris” qui livrait leur pays d’adoption à l’Angleterre (1763).
Bill m’annonca joyeusement: –“ Denise! Nous avons nos places d’avion et d’hôtel, pour
un long week end. Vous allez adorer “New Orleans”!
Il fallait se lever à 3 heures du matin ce vendredi là. Les bagages, prêts depuis la veille, prouvaient mon progrès dans l’art de voyager, les miens se réduisant à une petite valise de cabine sur roues. Laissant la voiture au garage,Bill avait commandé une navette pour joindre l’aéroport de San Diego, à quelques quinze kilomètres. Une file impressionnante de passagers s’écoulait lentement, filtrée par les services de Sécurité. Comment prétendre que les Américains ne voyageaient plus? De nouvelles mesures, prises depuis le 11 Septembre, renforcaient la prudence de la police de l’air. Il fallait maintenant enlever ses chaussures, vider ses poches, enlever sa veste , son éventuel sweater, se débarrasser de
tout objet en métal, fourrer le tout dans une grande boîte qui, à son tour allait être examinée… En général tout le monde s’exécutait de bonne grâce, en bons citoyens, conscients des nécessités qui limitaient leurs traditionnelles libertés..
Plus rien ne serait “comme avant” après la tragédie de New York…
Rien de spécial au long de quelques heures de vol sans histoire. Toujours la même routine: boire beaucoup d’eau et détendre ses jambes de temps en temps. Une voiture de location, toute rouge et flambant neuf nous attendait à l’aéroport de New Orleans.
Bill, excellent chauffeur comme à l’ordinaire, sut rapidement trouver notre hôtel, proche du “Quartier français”, nommé aussi “ Le Vieux Carré”.
Le soir même nous dinions chez “Arnaud”, premier des quatre restaurants où Bill avait organisé des festins inoubliables.
Arnaud.
Chez “Arnaud” nous devions vivre une soirée de jazz classique. L’orchestre, aux musiciens noirs, en élégants smockings et orchidée blanche à la boutonnière, se surpassa, dans un fabuleux rythme, tout au long de la nuit. Je ne sais s‘il accompagnait le très special diner, ou plutôt, si le diner ne tenait qu’une deuxième place, après la musique…
Il nous présentait des spécialités gastronomiques créoles… grosses crevettes, délicieuses mais tellement épicées ….et “filet mignon”, entouré de fleurs de couleur, que des mains expertes avaient su faire naître de simples légumes…
Pour terminer, fraises fraîches à la Chantilly sur crème glacée…
Les nuits de New Orleans.
La ville s’éveille la nuit. Dehors, une foule joyeuse chantait sa joie de vivre, dans les rues “Bourbon”, Royale” et “Chartres”, noms bien français de l’ancienne aristocratie…
Boites de nuits, restaurants, librairies, à la file le long des étroits trottoirs où, musiciens, violonistes, guitaristes, de tous âges, assis sur quelque siège, ou, plus jeunes, danseurs à claquettes, exhibent leur talent, pour le plaisir, et dans l’espoir de quelque pourboire.
Témoignage toujours vivace des temps anciens, le “Absinthe House”, “Maison de l’Absinthe”, ne désemplit pas, depuis plus de cent ans, et se pare de toutes les cartes de visite, professionnelles et autres de ses clients de passage…
Dans les boutiques, souvent, des masques en plumes, fabrication locale ( et non “made in China”!!!) rappelaient que “Mardi Gras” et son Carnaval sont ici magnifiquement célébrés. Vie nocturne à New Orleans, ville spéciale et attachante…
Le lendemain matin, tout était différent dans les rues calmes et désertes.
A pied, nous avons cherché et trouvé le fameux “Café du Monde”, très populaire, où il se doit de consommer un “café au lait”préparé moitie café, moitie chicorée. Sans oublier les “beignets” specialités du Carnaval, petits cousins de ceux de Nice, à l’époque du Carnaval de cette ville de la Côte d’Azur française.
Bill sait voir en véritable artiste, et fut le talentueux photographe du séjour à New Orleans.
Nous avons surtout prospecté le “Quartier français”.
Maisons colorées, souvent en bois, surtout les plus anciennes, des 18ème et 19ème siècle. Balcons, parfois en dentelle de fer. Partout des fleurs, des plantes décoratives.
Figure 9 Balcons fleuris.
Beaucoup de charme, apprecié par artistes et écrivains. Tennessee Williams ,William Faulkner , et autres, ont vécu là, , dans le Quartier français (qui est, en fait, plutôt espagnol)…
Comment ne pas rêver s’installer là aussi?
Il existe un autre important quartier,
le”Quartier-Jardin”.
Il serait le territoire des milliardaires du coton ou des diamants…
Le Mississipi.
L’après midi, à bord d’un bateau à roue, une petite croisière au long du Mississipi nous a conduits au champ de
bataille de Chalmette. Le général Jackson y fut victorieux des troupes britanniques en 1815. Une reconstitution de la bataille présente les soldats en uniforme, et les canons en action!
Une étrange fantaisie naturelle, la “mousse espagnole”, lichen parasite, qui ressemble à une longue barbe grise, orne certaines branches d’arbres . Nous l’avons retrouvée en Georgie, à Savannah…
De retour en ville nous avons décidé de rester dans le quartier français, et retrouver, avec plaisir, maisons et balcons décorés de fleurs, voitures à cheval pour une balade touristique.
Napoléon et la Louisiane.
-“Demain matin nous aurons notre Petit Déjeuner chez “Brennan’s me dit Bill. -“Regardez cette façade. Elle semble modeste, elle cache un vrai paradis. C’est aussi un monument historique, une banque où fut signé par Napoléon le contrat de vente de la Louisiane aux jeunes USA, en 1803”.
-“ J’ai souvent remarqué, dans les vitrines de souvenirs, des statuettes de Napoléon…Il aurait du se réfugier ici au lieu d’aller mourir dans l’ile de Sainte Hélène”…
Figure 10 : façade de Brennan’s Chez “Antoine”
Vous savez déjà que, pour Bill, la gastronomie est fort importante. C’est un véritable “gourmet”. Il se contente de petites quantités mais exige la qualité. Il connait, d’expérience, dans chaque ville importante des USA, les adresses les plus savoureuses et délectables pour un palais raffiné.
A New Orleans, il voulut me faire découvrir “Antoine”. Le plus ancien et le plus réputé restaurant de la ville, fondé en 1840, appartient toujours à la même famille qui le dirige toujours avec la même passion.
A la carte, quatre spécialités: les “Huitres Rockefeller”, pour commencer superbement, ensuite, pour moi, un extraordinaire poisson , de ma vie encore jamais rencontré, en papillotte, accompagné d’une délicate sauce financière. De son côté, Bill choisit une truite aux amandes et des “Pommes de terre soufflées”.
En dessert, une “Omelette d’Alaska”, imposante composition, signée ”Antoine depuis 1840”. Imaginez une sorte d’oeuf Fabergé grand modèle ou un oeuf d’autruche rempli de crème glacée…
Le matin suivant ce fut “Brennan’s” Bill voulait me présenter “Brennan’s”, célèbre dans tout le pays. Très émouvant pour moi, Française, de pénétrer dans les lieux où Napoléon , en 1803, d’un trait de plume, vendit toute la Louisiane pour le prix de 15 millions de dollars. La “Louysiane “ne se limitait pas à la “Louisiana” actuelle. C’était un immense territoire qui s’étendait jusqu’au Canada.
De l’extérieur on ne peut imaginer le charme de ce “Brennan’s”. Adorable jardin intérieur, chutes d’eaux, statues parmi toutes sortes de plantes, arbustes, lianes enveloppantes…
Au programme du petit déjeuner: Pommes au four et Fraises fraîches, accompagnées toutes deux d’une secrète composition crémeuse absolument délectable..Ensuite, oeufs pochés”Brennan’s”. Il faut admirer ces oeufs divinement pochés, servis sur une rondelle de pain lui aussi hors du commun…Ensuite un dessert créé par Brennan: la “Banane Foster”.
“Banana Foster”.
C’est une banane flambée par des liqueurs diverses et servie dans de la glace à la vanille. Le nec plus ultra consiste à la voir préparer “à la table”. Un élégant cuisinier se plait à produire sous vos yeux, une haute flamme parfumée qui déjà éveille les papilles des spectateurs admiratifs.
La “Banana Foster” accompagne parfaitement le café final. C’est le bouquet du feu d’artifice gustatif de Brennan’s. Avant de quitter ces lieux de délices une réflexion me parvint d’une table voisine:
-“It’s the first time I’m paying $100.00 per person for a breakfast”! en Français, -“ C’est la première fois que je paie 100 dollars par personne pour un petit déjeuner”!.
Une marche digestive s’imposait ensuite à travers la ville. Nous étions curieux de tout, photographiant tout, essayant de retenir le maximum…en si peu de temps.
Devant la cathédrale Saint Louis apparait la victorieuse statue équestre du Général Jackson. Clark Mills, le sculpteur, n’avait pas appris les règles classiques des statues équestres. D’après elles , le cheval ne pouvait être “cabré”, c’est à dire les deux sabots dressés. Ce n’était pas académiquement correct. Clark Mills n’en savait rien! Son ignorance de l’orthodoxie, et sa passion, lui ont permis d’innover, et de créer la première statue équestre du genre.
A l’époque, le général Jackson prit des mesures draconiennes à l’égard des tribus indiennes qui furent, sous ses ordres, déportées, et souvent envoyées dans les montagnes… Voici une image de cette statue et de son cavalier devant la cathédrale Saint Louis.
Figure 10: Statue équestre du Général Jackson.
Tout autour du square Jackson, c’est un rassemblement de musiciens, jazz le plus souvent, diseurs de bonne aventure, chiromanciens, peintres, et vendeurs de bric a brac. Une file de calèches, fraîchement peintes de vives couleurs, attend les amateurs, cependant que piaffent , quatre par quatre, les mules des attelages.
Le fleuve Mississipi est proche de la place Jackson…
Nous l’avons suivi, à pied, jusqu’au lieu nommé officiellement”Alger”, en 1718, date aussi de la fondation de “New Orleans”. Une plaque commémorative l’atteste.
Pourquoi ici, ce nom de la capitale de l’Algérie? Parce que, en ces temps là, en ces lieux mêmes, étaient débarqués des troupeaux d’esclaves, en provenance d’El Djezair. Esclaves noirs, en général, envoyés par les trafiquants, Turcs le plus souvent, maitres de l’Algérie d’alors…
Le “Commander’s Palace”.
Dans la soirée Bill nous a conduits au Quartier des Jardins. Il avait réservé un diner au Commander’s Palace. Il s’imposait de faire un effort vestimentaire. Accompli avec plaisir par nous deux, il nous valut d’être conduits aimablement dans la “petite salle”. Moins de trente élégantes personnes s’y trouvaient attablées, dans un luxueux silence, et la douce lumière des hauts chandeliers, aux centaines de bougies, qui éclairait à peine les murs tendus de velours gris, Serveurs et serveuses très discrètement attentifs…
Ecrin raffiné pour présenter plusieurs chefs d’oeuvre de la cuisine francaise de Louisiane. Je cite, par exemple, une “soupe de tortue”, incroyablement délicieuse, bien qu’évidemment et fort heureusement “fausse”. Comme en France, les tortues sont une espece protégée, en voie de disparition, dans les différents Etats américains.. Il est interdit de les tuer. A la Nouvelle Orleans, ce mets de choix fut une spécialité locale traditionelle, pendant des siècles et les grands chefs de cuisine ont inventé un remarquable substitut.Ensuite un poisson frais dans une croûte de bâtonnets de pommes de terre frites à la manière des nouilles chinoises. En feu d’artifice gastronomique final, un “Soufflé”, autre spécialité du Commander’s Palace de New Orleans.
Le matin suivant, un lundi, termina ce long week-end. Un nouveau voyage par avion nous ramena à la maison. De nouveau, les consignes de sécurité, de nouveau l’interminable file de voyageurs … Impossible d’aller vagabonder dans l’aéroport à la recherche de quelque shopping…Eh bien si!
Bill m’abandonna un instant pour filer à toute vitesse vers un stand qui venait d’ouvrir. Il revint, victorieux, pour m’offrir notre dernier “beignet” de la Nouvelle Orleans.
Ce fut un fabuleux et inoubliable long week- end. Depuis il y eut la tragédie de l’ouragan “Katrina”, mais les gens de là-bas sont courageux. Ils ont foi en leur ville. Elle renaît de ses cendres. Elle vous attend.A votre tour
allez y ! Et soyez heureux à la Nouvelle Orleans.
Petit “digest” historique perso… Les Acadiens.
Un peu de chauvinisme , de ma part, pour rappeler l’arrivée des Francais , les premiers Européens connus, à débarquer sur cette terre, en 1604. Ils la nommèrent ”Acadie”, devenant eux mêmes ”les Acadiens”. Cavelier de la Salle arriva plus tard, bien décidé a ne pas demeurer, comme eux, anonyme. Il prit possession des lieux, au nom de la France, et les nomma “Louysiane”, en l’honneur du roi Louis XIV.(1682). Ces territoires n’étaient pas du tout déserts, mais occupés depuis des milliers d’années par diverses tribus indiennes.. En ces temps, appartenant à l’ère dite “agricole”, il était normal de s’approprier des terres, et même des pays entiers, si c’était “par la force des armes victorieuses”. Pas de complexe de culpabilité. Bien au contraire! Aujourd’hui, à l’ère atomique , tout est repensé…
Il serait vain de vouloir juger des faits anciens selon les critères de notre époque.” Autres temps, autres moeurs”.
Revenons à notre histoire de la Louisiane. Un banquier écossais, génial et visionnaire, John Law, enthousiasmé , avait organisé une banque spéciale pour cette nouvelle possession francaise. Il n’obtint pas plus de succès avec elle qu’avec ses billets de banque…
A la suite du “Traité de Paris” qui livra le Canada francais à l’Angleterre, maints Francais du Canada optèrent pour la Louisiane. Le roi Louis XV n’en avait cure et se souciait fort peu de ces territoires:
-Quelques arpents de neige”!, avait-il dédaigneusement lancé, avant de les vendre à l’Espagne en 1763..
Les “Francais de France”, révaient cependant de ces mystérieux territoires d’Outre-Mer. Nombre d’entre eux, fuyant les excès sanguinaires de la Révolution et de sa “Terreur”, se réfugièrent en Louisiane(1789-1794).
Là, les attendaient maintes déceptions. L’Espagne, elle aussi déçue, revendit la Louisiane à la France en 1800 pour la joie des Francais locaux. .Mais…Trois ans plus tard, en 1803, le général de la Révolution française, Napoléon Bonaparte, se comporta comme le roi Louis XV et, de nouveau, vendit ces lieux, mais cette fois, aux jeunes Etats Unis d’Amérique, et pour quinze millions de dollars.
La Louisiane devint le dix huitième Etat des Etats Unis d’Amérique le 30 avril 1812.
A l’horizon, tout à coup, projetées en écran du ciel bleu, les falaises rouges de Sedona annoncent un univers magique à vous couper le souffle.
Figure 11. Falaises rouges de Sedona. Photos Denise et Bill Dunn .
Nous avions à peine quitté New Orleans et ses trésors, et, déjà, nous filions sur les fabuleuses routes menant au Grand Canyon du Colorado.
“Thanks Giving” , action de Grâce, permettait à Bill de prendre huit jours de vacances.
J’aime cette fête de gratitude. Elle remonte aux temps de l’arrivée des “Pilgrims”, les Pélerins”, sur les côtes de Nouvelle Angleterre, à bord du May Flower, en 1620.
Après un voyage de trois mois, sans aucune nourriture fraiche, privés d’eau, ils arrivaient exténués, affamés, morts de soif. Les Indiens locaux les accueillirent généreusement.
Les “Pères Fondateurs” instituèrent cette fête de la reconnaissance, le “ Merci pour les dons”…
Elle a lieu tous les ans, le quatrième jeudi de Novembre. Traditionnellement, le repas doit comprendre une dinde farcie, en souvenir des dindes sauvages d’antan.
Norman Rockwell, parmi ses quatre “Libertés”représente celle de manger à sa faim..avec une belle dinde farcie.
Je préfère la farce “ à la Francaise”, telle que mon père savait si bien la préparer pour les veillées ou les déjeuners de Noël…
Pas d’avion pour ce voyage. Bill conduisit de San Diego à Phoenix, Arizona, puis, au Grand Canyon. Il m’avait annoncé sur le parcours, la découverte d’une très jolie petite ville, Sedona…
Après Phoenix, la route s’élève peu à peu, pénètre de profonds bois, chargés de mystère.
En altitude, d’entières forêts d’arbres blancs me rappelèrent les bouleaux des montagnes vosgiennes de certains de mes ancêtres…
Dans un lieu de verdure intense, plat et découvert, entouré de pins, chênes séculaires et autres essences, “Oak Creek”, des artisans indiens, hommes et femmes, avaient établi leurs tréteaux et présentoirs. Nous avons choisi quelques cadeaux, en général bijoux de turquoises et d’argent.
Tout était calme, dans la beauté qui partout , nous accueillait…
Et tout à coup, devant nous, à l’horizon… Etions nous projetés dans une nouvelle Atlantide? Etions nous toujours sur cette planète ou dans un monde fantastique qui s’ouvrait pour nous? D’immenses portes de granit rouge semblaient avoir été percées dans la montagne par quelque génie tout puissant…Elles nous ouvraient le paradis de Sedona…
Partout des forêts d’arbres d’un vert intense et partout les roches rouges de taille et de formes différentes…
Une chapelle catholique romaine s’est logée à l’intérieur de ces roches:
“la Chapelle de la Sainte Croix”.
Sa fondatrice, reçut son inspiration dans les années 1930.
La visite, en France, de la Chapelle Matisse de Vence, sur la Côte d’Azur, cristallisa la volonté passionnée de sa fondatrice: obtenir l’autorisation de bâtir là, aussi, une chapelle, unique en son genre.
Figure 12: Chapelle logée dans la roche rouge .
Photos Denise et Bill Dunn
Un haut lieu de la Foi.
La chapelle est réduite à l’essentiel. Très peu d’objets religieux. Tous extrêmement simples.
Impossible de ne pas ressentir, une atmosphère très spéciale, faite d’une paix profonde, indescriptible, accompagnée de force et de beauté…
Mon Pygmalion semblait heureux de remarquer mes réactions. Il m’invita à laisser un mot de remerciement sur le livre d’ Or.
Je pris la plume qu’il me tendait…
Impossible pour moi d’écrire un seul mot…
Secouée tout entière par l’émotion, émerveilée par l’infinie puissance qui nous entourait, je restais sans voix, tremblante, impressionnée beaucoup plus que par toute oeuvre humaine, fut elle le Moise de Michel Ange…
Stendhal! Une manifestation de votre syndrome…Que n’êtes vous en voyage ici avec nous pour partager mon émotion…
Quel privilège d’avoir pu ressentir cette ineffable splendeur avant de disparaitre..,.
Après cette impressionnante rencontre nous avons repris la route vers le Grand Canyon de l’Arizona…
Je m’attendais à découvrir un paysage limité, de quelques miles, avec d’imposants précipices…
Erreur! Le Grand Canyon est un fantastique phénomène naturel qui développe ses incroyables beautés géologiques au long de 277 miles, à différents étages…
L’étonnant fleuve Colorado a creusé ses sculptures dans le rock patiemment pendant 6 millions d’années.
Les plus courageux et courageuses s’en vont, à dos de mule, prospecter le fond des gorges, à la recherche de réserves ou de vestiges indiens ou de quelque secret à découvrir…
Des tribus indiennes occupaient le territoire du Grand Canyon lorsque les Espagnols arrivèrent en l’an 1540, avec leurs armes à feu et leurs chevaux.
Bill est un excellent photographe et nous avons une collection d’images souvenirs. Mais, les caméras ne peuvent remplacer l’oeil humain, capable d’embrasser la totalité d’un panorama.
Vous devrez donc bientôt visiter à votre tour Sedona et le Grand Canyon!
San Francisco, California..
Un aspect de San Francisco.
Photo 01 DBD.
Avec Tony Bennett je pourrais chanter”I left my heart in San Francisco”(note 1). Mon 3ème séjour dans cette ville, si attachante, si particulière, la ville “la plus européenne” des USA, la plus cosmopolite en même temps m’a vraiment séduite
Tous les languages du monde peuvent s’y exprimer librement. Le plus souvent, un jargon américain, “broken English”, “Anglais brisé”. Souvent difficilement compréhensible pour les Américains eux mêmes, ce “sabir” par une étrange magie, ne présente, souvent, aucune difficulté pour les “aliens”, les “étrangers” entre eux.
De l’Asie à l’Amérique du Nord, en passant par l’Afrique et l’Europe, tant et tant de nouveaux citoyens et d’immigrants rêvent de “Green Card”, de travail et, “the last and not the least”(note 2), de Liberté! Même en ces temps de récession dont nous espérons bientôt sortir!
Note 1.
“J’ai laissé mon coeur à San Francisco”.
Note 2.
“The last and not the least”: “Le dernier et non le moindre”
A San Francisco, dans le passé, une rue unique en son genre, la “Gold Street”, la rue de l’or, toute pavée du précieux métal…Raffinement disparu de nos jours
Quant au reste de l’asphalte, il apparaît , le plus souvent en pente raide et peut évoquer maintes rues d’Alger…
Selon la définition du piéton :
-:“celui qui a réussi à garer sa voiture”, les visiteurs doivent être prêts à escalader, sans rechigner. Il faut être jeune et en bonne forme, ou bien:
- -conserver sa voiture
- -appeler un taxi
- -prendre le bus
- -choisir le célèbre “ cabble car” qui dessert certains quartiers.
“Cabble car”.
Aux heures d’affluence, des grappes humaines s’accrochent à l’extérieur, sur les marche-pieds.
A l’intérieur , sans le privilège d’une place assise, vous risquez de fortes secousses, vous vous transformez en sardines humaines, pressées les unes contre les autres, ce qui permet d’éviter les chutes.
Pour les seniors souffrant d’arthrose, ce sympathique genre de locomotion peut se transformer en veritable calvaire.
Un espace au sol, à l’avant, doit rester libre.
Il est réservé au conducteur, un ‘tough guy”, un solide gaillard! Les pédales réclament un bon “48 fillette” .
Il faut des bras aux muscles d’acier pour activer l’épais cordon de sonnette, afin de dégager la route lorsqu’elle est encombrée, et une réserve de forces, pour manoeuvrer manuellement les puissants freins.
Le “tough guy”:
Je me suis étonnée:
-“Comment une ville aussi moderne que San Francisco peut elle accepter un moyen de locomotion aussi antediluvien”?
Réponse:
-“Les pouvoirs urbains avaient proposé de le remplacer, mais les usagers se sont indignés! Ils aiment leur “cabble car”. Ils veulent le conserver”!
C’est aussi relativement économique: le “passeport” à 24 dollars offre une semaine de transport. Laisser sa voiture au parking le moins onéreux coùte 28 dollars par 24 heures.
Souvenirs.
Me reviennent en mémoire des souvenirs de ma ville natale. Alger, comme San Francisco, abonde de rues en pente raide, partant à l’assaut de la colline (note). Je les franchissais à l’époque, à toute allure, et dévalais les escaliers, nombreux aussi. Fabuleuse jeunesse. Ignorant ses éphémères privilèges.
Note.
L’emplacement de l’Alger actuel était, primitivement, une série de collines, ensuite réunies en un seul bloc.
A San Francisco souvent les rues se parent de fleurs au printemps. La rue Lombard est célébre pour la beauté de ses zigzacs…
Le climat est acceptable, parfois très froid.
Mark Twain écrit:
-“ L’hiver le plus froid que j’aie connu fut un été à San Francisco”…
Deux immenses ponts, photographiés par les touristes du monde entier,
- “Oakland Bay Bridge:” et
- «Golden Gate Bridge”.
Photos:
San Francisco, au loin la tour Coit.
Une très haute tour permet, de son sommet , d’admirer la ville entière et la baie.
C’est la tour “Coit”, du nom d’une bienfaitrice de la ville, qui en financa la construction. Ce nom fait sourire les malicieux touristes français.
photo.
La vie culturelle est intense.
-Le mouvement “Hippie”, (de “hip”, informe, branché), en 1967, partit de cette ville, du quartier Haight Asbury.
-Dans les dernières années 1950, Barbara Streisand et Woody Allen donnèrent à San Francisco la primeur de leur premier spectacle: “The hungry I”… Ce fut un “bide” absolu! Personne ne vint… Les deux artistes étaient alors inconnus…
-“Les Nations Unies” débutèrent aussi à San Francisco. Leur première réunion se tint en 1945,
à l’ “Opera House”.
-Une visite de la ville, à la découverte, permet d’admirer de nombreux sites, tel ce “Palace of Fine Art” imagine pour la grande exposition de 1914… Un quartier residentiel s’est développé aux alentours.
C’est superbe.
Quartier du Palais de “Fine Art”
Palace of Fine Art (1914 exhibition)
Quelques maisons privilégiées auprès du Palace of Fine Art”.
China Town: La ville chinoise.
Vous trouvez de tout dans la Ville Chinoise…
Depuis le linge brodé à la main jusqu‘ aux bijoux de jade impérial en passant par les petits restaus…
Entrée de la ville chinoise. “China Town”
San Francisco, “formal city”.
San Francisco, réputée pour ses excellents restaurants. est une “formal city”, une cité élégante . Bien que les traditions s’estompent en nos temps modernes, il faut , souvent ici , “s’habiller” et se présenter en costume complet-cravate, comme aussi à New York.
Los Angeles et San Diego sont des “Casual Cities” aux tenues vestimentaires décontractées..
Hôtel cinq étoiles sympa: le Fairmount.
détail de toilettes du Fairmount, luxe généreusement ouvert à tous…
Fait bien connu, en Europe le voyageur trouve difficilement des “toilettes”.
Les “Mac Donald “ récemment créés, sont quasiment les seuls à offrir ce genre de commodités. Je cite, avec gratitude à cet égard, le “Mac Donald “ de Rome et celui du voisinage de San Remo…Sans oublier celui de Paris, aux Champs Elysées!
Ici, le “Fairmount Hôtel, “ avec ses cinq étoiles ne refuse pas l’entrée aux voyageurs…Généreuse et luxueuse hospitalité gratuite…
Visite de San Francisco.
Photos bien imparfaites pour évoquer la beauté de cette ville.
détail du quartier des maisons victoriennes.
maisons victoriennes épargnées par les incendies de 1906 après le tremblement de terre..
Aux alentours de San Francisco
Aux alentours de San Francisco une curiosité naturelle, “The Muir Woods” aux arbres séculaires et gigantesques .
le jardin japonais
Alcatraz.
A San Francisco, une excursion à ne pas négliger:
la visite d’Alcatraz.
Le tourisme s’organise, et les petits bateaux sont nombreux à
faire le va et vient.
Cette île est nommée “ à l’Espagnole”: les “alcatraces” sont les oiseaux de mer très nombreux dans le secteur.
Pélicans.
Le bagne français de Cayenne surpassait en horreur les raffinements punitifs d’Alcatraz. Le film “Papillon”, interprété par Steve Mac Queen et Dustin Hoffmann, est un remarquable document à cet égard, qui utilise les mémoires
d’un bagnard innocent, Henri Charrière.
Pier 33 San Francisco.
Occupée d’abord par l’armée et les prisonniers militaires, Alcatraz devint pendant trente ans (note) la plus célèbre des geôles américaines, réservée aux criminels les plus endurcis, aux irréductibles, dont Al Capone…
Pier 33 San Francisco.
Occupée d’abord par l’armée et les prisonniers militaires, Alcatraz devint pendant trente ans (note) la plus célèbre des geôles américaines, réservée aux criminels les plus endurcis, aux irréductibles, dont Al Capone…
Enfermés dans de véritables cages pendant de longues années, les détenus révaient d’évasion malgré les châtiments prévus: isolement dans l’absolue obscurité, chaînes aux pieds pendant trois mois et autres douceurs.
Trois d’entre eux réussirent, en douze mois d’efforts, à creuser un trou dans leur mur, à l’aide … d’une cuiller volée , en acier trempé.
Comment avaient ils pu installer dans leur lit une sorte de masque à leur effigie, pour tromper les gardes de nuit?
Reconstitution de l’évasion avec mannequin à visage.
L’escapade tourna mal. Ils furent abattus après avoir tué trois gardiens.
deux “cages” mitoyennes.
En trente ans, deux prisonniers seulement réussirent à s’évader. Ils ne furent jamais retrouvés. Leur histoire demeure un mystère. Nul ne sait ce qu’ils sont devenus…Il m’est affirmé que les requins locaux ne sont pas mangeurs d’hommes. (note).
Note.
Un enfant de neuf ans réussit l’exploit de relier, à la nage, Alcatraz à San Francisco. Il voulait gagner quelque argent pour venir en aide aux réfugiés de New Orleans, après le cyclone Katrina.
Note.
De 1933 à 1963.
Quelques “alcatraces”…
Supplice de Tantale: les prisonniers pouvaient apercevoir lors des promenades hygiéniques la ville heureuse de San Francisco, à quelques encablures…
Notre hôtel favori: l’Argonaute.
Après séjours dans différents hôtels, notre favori est l’Argonaute. (note), très agréablement situé près du port. La distance à pied est rapidement franchie jusqu’aux embarcadères vers Alcatraz et autres lieux. Proches aussi la station “Cabble cars” et le parking le moins onéreux du secteur.
Hôtel “Argonaut”.
Note:
Nommé “Argonaute”en hommage à la “ruée vers l’or”de Californie. Mon hypothèse de malacologue amateur situe la fameuse “toison d’or”dans le “byssus”(la barbe semblable à celle des moules, en plus important), de la Pinna nobilis Linné, méditerranéenne.
Aux alentours, le quartier des pêcheurs, évoque pour moi celui de “La Pêcherie”de l’Alger de mon enfance
…






